Historique de la Motte-Mazerier

Le site.

Mazerier est un petit village situé au nord de Gannat, pas très loin de la frontière méridionale du département de l'Allier. Des traces indiquent qu'il fut occupé dès la préhistoire et qu'à l'époque romaines, des exploitations agricoles mettaient en valeur le site.

Puis, dès le dixième siècle, trois châteaux à motte se partagèrent le contrôle de l'espace : le château du Puy-Mazerier, le château de l'Anglard et le château de la Motte. Si la motte et les douves de ce dernier sont encore visibles, il ne reste rien du château originel, hormis les fondations. Quant à l'actuel corps de logis, il date dans sa partie la plus ancienne du 14ème siècle et serait probablement l'oeuvre de Guillaume Regnaud, qualifié de seigneur de la Motte dans un document de 1366.

La Motte-Mazerier avant la Révolution.

Jusqu'au 20ème siècle, on assiste à une valse de propriétaires dont les embrouillaminis rendent les successions parfois difficiles à cerner. La maison passe ainsi au 16ème siècle entre les mains de la famille Coiffier dont le chef, Gilbert, est contrôleur du duc Charles III de Bourbon. A sa mort, son épouse vend le domaine pour un temps assez court à Antoine Terris, seigneur d'origine écossaise. "Temps assez court" car à sa majorité, Nicolas Coiffier, fils de Gilbert remet la main sur le fief vendu par sa mère. C'est ainsi que le domaine reste dans sa famille jusqu'en 1631, année où il est vendu à Gilbert Trellet, avocat en Parlement. 

C'est à la mort de la fille de ce dernier, Gilberte, que la succession devient particulièrement houleuse. En effet, son veuf, le comte de Bonneval pense légitime de revendiquer l'héritage. Las, dans le même temps, il découvre sans doute avec stupéfaction que la défunte avait institué sa nièce, Marie Barthominat de la Besse, comme héritière universelle ! De ce fait, par le jeu des héritages et des alliances, la seigneurie de La Motte Mazerier échut à la fin du 18ème siècle à un certain Gaspard-Amable de La Porte, seigneur d'Orgnat, époux de Marie-Françoise Barthon, fille de la nièce de Gilberte Trellet. N'est-ce pas là un bel imbroglio ?

La période révolutionnaire.

On arrive alors à l'époque révolutionnaire. Le château, symbole du pouvoir féodal, n'échappe pas aux foudres du nouveau régime comme en témoigne un procès-verbal du 29 prairial an II qui intime au propriétaire de faire disparaître le comble de la tour en forme de flèche et de combler les fossés de la cour.

Ajoutons à cela que trois écussons de pierre couronnant la porte d'entrée ont subi les affres de la colère populaire et qu'ils ont disparus sous les coups de marteau, comme un symbole de la fin d'un monde.

On remarque au passage que le procès-verbal évoqué plus haut était adressé au propriétaire du lieu. En effet, malgré les événements, Gaspard-Amable de La Porte ne fut pas candidat à l'émigration. Le château resta alors dans sa famille. Son fils, François-Amable, fit une brillante carrière militaire sous l'Empire et la Restauration avant de se retirer dans sa demeure bourbonnaise alors qu'il était atteint de cécité. Puis finalment, sa fortune diminuant, il fut contraint de vendre le château avant de s'expatrier ... à Alger.

Les transformations du 19ème siècle.

Le nouvel acquéreur se nomme Auguste Gaubert. Ce greffier riomois est à l'origine de profondes transformations du corps de logis. C'est lui qui fait construire en 1852 une aile cantonnée d'une tour octogonale. Le toit, alors couvert de tuiles, est remplacé d'une couverture d'ardoises. Les murs extérieurs sont recouverts d'un crépi lisse et blanc.

On sait, d'après un dessin de l'architecte gannatois, Pierre Vianne, que le projet complet prévoyait de flanquer le bâtiment ancien de deux ailes symétriques de part et d'autre. Mais le projet n'a jamais été amené à terme et c'est dans l'état actuel que Monsieur Félix Grindelle et son épouse Valentine Boissonnade, arrière-grands-parents de l'actuelle propriétaire Marie-Noëlle Goffin, acquièrent en 1906 le château de La Motte-Mazerier.

 

 

Les travaux de rénovation depuis la deuxième moitié du 20ème siècle.

Dès l'adolescence Marie-Noëlle Goffin travaille à la réfection et à la remise en état du domaine. Année après année, petit à petit elle livre un combat contre les assauts que le temps lance contre ces vieilles et belles pierres. Un travail de fourmi pour sauver La Motte.

Parmi les plus belles réalisations il faut noter la reconstruction de la toiture de la tour de façade qui avait été supprimée à la Révolution. Mais bien d'autres travaux, peut-être moins spectaculaires, ont été effectués depuis le défrichage du parc jusqu'à la remise en état des cheminées, des pièces...

Cependant, beaucoup reste à faire...

 

 

 

Bibliographie : 

B. de Fournoux, in Société d'émulation du Bourbonnais.

Châteaux, fiefs, mottes, maisons fortes et manoirs en Bourbonnais, sous la direction de René Germain, éditions de Borée, 2004.

Collection particulière de Mademoiselle Marie-Noëlle Goffin.


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