Qui est Marie-Noëlle Goffin ?

Une passionnée. Voilà sans doute le mot qui résume le mieux marie-Noëlle Goffin. Une passionnée des arts et du patrimoine, deux passions qui sont, à n'en pas douter, les pierres angulaires de sa vie.

A 19 ans, elle entre ainsi à l'école des Beaux-Arts de Rouen (1954-1958). Puis elle décide de se spécialiser et d'intégrer l'atelier de gravure et de sculpture des Beaux-Arts de Paris (1952-1962) où elle obtient son diplôme national de gravure avant de décrocher une bourse d'étude qui lui permet d'étudier un an à l'école des Beaux-Arts d'Amsterdam. Son talent lui vaudra également d'être lauréate de la fondation "Wicar", du nom de ce peintre lillois qui légua à la société des sciences, de l'agriculture et des arts de sa ville natale un immeuble près de la via del Corso à Rome afin d'y héberger des artistes boursiers...

De retour en France, elle décide de partager ses connaissances et son talent en devenant elle-même professeur titulaire de dessin et de gravure à l'école des Beaux-Arts de Lille. Elle y restera 26 ans.

La fin de son activité à Lille signifie-t-il pour autant que l'artiste graveur cesse toute activité ? Certainement pas et c'est même le contraire qui se produit. On l'a dit, Marie-Noëlle Goffin est mue par une prodigieuse passion. Qui plus est, la gravure lui ouvre les portes d'un cercle quelque peu restreint et confidentiel : celui des graveurs de timbres.

Elle grave son premier timbre en 1976. Il s'agit de mettre en valeur la ville de Thiers, pas très loin du Bourbonnais qu'elle chérit, d'ailleurs... Et puis l'aventure continue. C'est ainsi que de timbres en planches, chacun d'entre nous a pu tenir entre ses doigts pas moins de soixante-dix oeuvres, pour ne pas dire chefs-d'oeuvre de l'artiste plébiscitée par les philatélistes. Car de nombreuses récompenses émaillent la carrière de Marie-Noëlle Goffin : grand prix de l'art philatélique en 1993 pour sa série nature sur les canards ; Cérès de la philatélie 1995 pour ses santons de Provence... Ajoutez-y les décorations de l'Ordre national du Mérite et des Arts et Lettres ainsi que les médailles d'Argent des villes de Paris et de Lille... Mais, sa plus belle reconnaissance est probablement de voir ses petites oeuvres dentelées sortir de son atelier de gravure pour rejoindre lettres, courriers et les albums des philatélistes.

Mais si Marie-Noëlle Goffin ne s'en tenait qu'à cela... Ce serait sans compter sur son dynamisme prodigieux qui la conduit à s'impliquer aussi dans le monde associatif. Dans le domaine de la philatélie, évidemment, puisqu'elle est vice-présidente de l'Académie Mondiale de Philatélie*.  Mais surtout dans le domaine de la promotion et de la défense du patrimoine. Celui du Bourbonnais notamment. D'abord par son implication dans le cadre des Amis du patrimoine religieux bourbonnais et surtout par le travail effectué dans la maison forte de Mazerier qu'elle refaçonne afin de lui redonner son visage d'origine (ouvrage de longue haleine qui lui a valu d'être récompensée par le prix Emile Mâle en 1990). Un peu comme un Viollet-le-Duc du 21ème siècle en quelque sorte. Sans doute ne renierait-elle d'ailleurs pas la filiation, elle qui a réalisé le timbre en l'honneur de l'architecte romantique.

 

 

* C'est sous l'égide de l'AMP qu'est paru en 2010 un livre magnifique intitulé Mammifères Sauvages qui a l'originalité de présenter une classification des ongulés en illustrant le propos de timbres du monde entier et de très beaux dessins réalisés par Marie-Noëlle Goffin. A noter que prochainement doit paraître un autre livre sur le thème des "chiens". 

 

"Je trouve important de dessiner ou de parler de sujets qui soient porteurs. Un timbre n'est pas, bêtement, un alignement de simples points. C'est toute une histoire qu'il raconte, avec la technique que l'on met à sa disposition."

Marie-Noëlle Goffin.

 


Article de La Montagne du 12 avril 2005.




 

 

 


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